1.1- HISTOIRE DE LA COMPILATION DU QUR’AN
Sourate 2, Versert 185 "(Ces jours sont) le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu
1.1.1- La mise du Coran par écrit à l'époque du Prophète Mouhammad
Sur l'ordre du Prophète Mouhammad ( ), les scribes mirent le Coran par écrit sur des lambeaux
de parchemin, des peaux d'animaux, des os et des pierres. Les divers fragments révélés, sans être
assemblés dans un seul livre, furent mis en ordre selon la révélation de Dieu. D'autre part, quelques
compagnons écrivirent pour eux-mêmes des parties et des sourates du coran qu'ils avaient apprises
par cœur du Prophète ( ).
1.1.2- La mise du Coran par écrit à l'époque de 'Aboû Bakr As-Siddîq (R.A)
Chargé par 'Aboû Bakr As-Siddîq et conseillé par `Oumar ibn Al-Khattâb, Zayd ibn Thâbit
rassembla le Coran en un seul livre. Pour atteindre cet objectif, il se référa aux manuscrits déjà écrits
par les scribes du Prophète ( ).
1.1.3- La mise du Coran par écrit à l'époque de `Outhmân ibn `Affân (R.A)
Le premier manuscrit du Coran assemblé en un seul volume fut écrit conformément à l'exemplaire
rassemblé par 'Aboû Bakr et conservé chez Hafsa bint `Oumar. Pour mettre fin aux désaccords, les
copistes prirent en considération les différentes lectures. Les personnes chargées de cette mission
furent : Zayd ibn Thâbit, `Abd-Allâh ibn Az-Zoubayr, Sa`îd ibn Al`Âs et `Abd Ar-Rahmân ibn Al-
Hârith ibn Hichâm. Cette copie était dépourvue de signes diacritiques. `Outhmân garda pour lui-
même un exemplaire et expédia les autres copies aux métropoles islamiques.
1.1.4- Les trois étapes du développement des signes diacritiques et de ceux
de la vocalisation.
* Les signes de vocalisation ont d'abord été mis sous forme de points, sous le règne de Mou`âwiya
ibn 'Abî Soufiyân. Celui-ci chargea 'Aboû Al-'Aswad Ad-Dou'alî d'accomplir cette tâche ; et ce afin
d'éviter les erreurs dans la lecture du Coran.
* Les points ont été mis pour distinguer les lettres homographes comme : le bâ', le tâ' et le thâ'. Ceci
eut lieu sous le règne de `Abd Al-Malik ibn Marwân qui chargea Al-Hajjâj ibn Yoûsouf de cette
mission. Ce dernier la confia à Nasr ibn ^Âsim et à Yahya ibnou Ya^mar.
* Les signes de vocalisation tels que le damma (voyelle brève ou), le fatha (voyelle brève a), le kasra
(voyelle brève i) et le soukoûn (absence de voyelle) ont été rajoutés en suivant le système de vocalisation établi par Al-Khalîl ibn 'Ahmad Al-Farâhîdî ; et ce afin d'éviter les erreurs dans la
lecture du Coran. Sourate 5, Versert 16 "Par ceci (le Coran), Dieu guide au chemin du salut ceux qui
cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et il les guide vers un chemin
droit."
1.2- LES VARIANTES DE RECITATION CORANIQUE
Le seigneur, a voulu que le Coran fut un miracle pour son Prophète, et une merveilleuse illustration
qu’il est son messager, envoyé à toute l’humanité pour lui faire portée de ce miracle, Allah a dit :
Ceux à qui Nous avons donné le livre, qui le récitent comme il se doit, ceux-là y croient. Et ceux qui
n'y croient pas sont les perdants (Sourate 2 ; verset 121) Ibn mas'oud a dit par celui qui déteint mon
âme entre ces main certes la vraie récitation c'est qu'il rend licite ce qu'il a rendu licite et qu'il rend
interdit ce qu'il a rendu interdit, et qu'il le lis comme Allah la descendu, et qu'il ne change pas les
paroles de leur sens. Tafsir ibnou kathir. Boukhari et Mousalim rapportèrent qu'Omar, dit : Un
jour, lors du vivant du Prophète ( ), j'entends Hisham ibn Hakim réciter la sourate Al-Fourqan.
Alors que j'écoutai attentivement sa récitation, je m'aperçus qu'il la faisait avec certaines lettres
autres que celles que le Prophète ( ) m'avait enseignées. J'étais sur le point de l'interpeller
pendant sa prière même, mais je me retiens et attendis qu'il la terminât. Je l'empoignai alors par le
col de son vêtement et lui dis : Qui donc t'a enseigné ainsi la sourate que je t'ai entendu réciter ?
C'est le Prophète ( ), me répondit-il – Tu mens, lui répliquai –je, car il me l'a enseigné ainsi
avec des lettres différentes que certaines de celles que tu vient de réciter. Je l'emmenai alors auprès
du Prophète ( ) et exposai à celui-ci le problème : j'ai entendu cet homme réciter la sourate Al-
Fourqan et y réciter certaines lettres autres que celles que tu m'as enseignées. Lâche-le me dit le
Prophète ( ). Puis, se retournant vers Hisham, il lui dit récite Hisham. Hisham récita alors la
sourate de la même manière qu'il l'avait fait auparavant. Le Prophète ( مdit alors : Ainsi a été
révélée cette sourate. Puis il me dit Récite, toi Omar. Je le fis alors selon la façon que lui-même
m'avait enseignée. Il dit également : ainsi a été révélée cette sourate. Puis il conclut : Le coran est
révélé selon sept variantes de récitation (harf). Récitez donc celle qui est facile pour vous. Les
savants se sont mis d'accord que le coran nous a été transmis par le Prophète ( ) selon de
nombreuse variantes, et ils ont instauré pour cela une discipline qu'ils ont appelée science des
variantes de récitation coranique ('ilm al-qira'at) dans laquelle ils ont clarifié l'objet de la discipline,
les différentes variantes, les lectures les plus importants qui ont rapporté ces variantes ainsi que les
ouvrages majeurs traitant de ce sujet. La récitation du Coran peut être faite selon de légères
variantes liées à la lexicologie, à la morphologie à la syntaxe, qui n’influe en rien sur le sens global
du texte. Les savants ont classé les variantes de récitation coranique en deux principaux groupes qui
sont : la variante authentique et la variante aberrante. Une variante de récitation est dite
authentique lorsqu'elle satisfait à trois conditions : (i) Elle doit être grammaticalement et
linguistiquement correcte (en arabe) ; (ii) Sa version graphique doit correspondre à, celle de la
vulgate d'Othman (moshaf 'Otahman); (iii) elle doit nous être parvenue selon une chaîne de
transmission authentique ou connue. Par conséquent, toute variante de récitation qui répond à ces
trois exigences est une variante de récitation coranique authentique, valable pour la prière et pour la
récitation dévote. Quant à la variante aberrante, c'est celle pour laquelle l'une des trois conditions citées
précédemment n'est pas remplie. Parmi les lectures aberrantes, il existe ce qu'on appelle un groupe
de variantes de récitation interprétative ; il s'agit d'une variante dont la chaîne de transmission est
authentique, qui est conforme à la lexicologie, à la morphologie et à la syntaxe de la langue arabe,
mais qui ne suit pas la version graphique de la vulgate d'Othman. Les savants expliquent que les
variantes de récitation aberrantes servent de commentaire aux variantes reconnues et de clarification
de ces dernières. Les savants se sont ainsi accordé à dire que toutes lectures autres que les dix
lectures reconnues sont considérées comme aberrantes et ne méritent pas, pour cela, d'être
acceptées comme coraniques. Elles ne sont de ce fait valables ni pour la prière ni pour la récitation
dévote. Elles peuvent, néanmoins, êtres apprises, enseignées, écrites et considérées du point de vue
de leur concordance avec la lexicologie, la morphologie et la syntaxe de la langue arabe. Les variantes
de récitation qui nous sont parvenue selon une chaîne de transmission authentique sont au nombre de dix,
toutes transmises par un ensemble de lecteurs qui se sont distingués par un soin exceptionnel de la tache, une
fidélité infaillible à la transmission (riwaya) et une fiabilité sure. Ces dix lectures sont :
1) Nafi' né a Médine, (mort en 169/785), et les meilleurs transmetteurs de sa lectures et de sa
psalmodie furent Warch (mort en 197/812) et ibn Qalun-école de Médine.
2) Ibn Kathir, né à la Mecque (mort en 120/854) et son disciple Qunbul (mort en 291/903) école
de la Mecque.
3) Abou Amr, né à Bassora (mort en 154/770). Ses transmetteurs furent As-soussi (mort en
261/874) et Ad-douri (mort en 246/860) école Bassora.
4) Ibn Amer, né à damas (mort en 118/736). Les plus connu de ses transmetteurs furent Hisham et
ibn Zkhwan- école de damas.
5) Assim, né à Koufa et les plus célèbres transmetteurs de sa lectures furent Shou'ba et Hafs (mort
en 190/805)- école de Damas.
6) Hamza, né à Koufa (mort en 156/772). Ses meilleurs transmetteurs furent Khalaf et Khalad école
de Koufa, système de Hamza.
7) Kisai'y, né a Koufa (mort en189/804). Les plus célèbres transmetteurs de sa lecture furent Abou
Al Hareth et Hafs Ad-douri ecole de Koufa, système de Kisai'y
8) Abou Ja'far, né à Médine. Les plus célèbres transmetteurs de sa lecture furent Wirdan et Ibn
Joummaz.
9) Ya'qub, né a Bassora. Les plus célèbres transmetteurs de sa lecture furent Rouways et Rawh.
10) Khalaf et les plus célèbres transmetteurs de sa lecture furent Is'haq et Idris.
Toute version se rapportant à l'un de ces dix lecteurs est appelée variante de récitation ou lecture,
alors que toute version rapportée par un transmetteur est appelée transmission orale.
Ainsi dit-on par exemple : la lecture d'Assim selon la transmission orale de Hafs, la lecture de Nafi'
selon la transmission orale de warch, etc.…

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